Pourquoi pas… Une école d’ingénieurs après le Bac ?

Publication le 29/10/2012 | MAJ le 12/12/2022
Pourquoi pas… Une école d’ingénieurs après le Bac ?
Qu’elles soient généralistes ou spécialisées, les écoles d’ingénieurs accessibles directement après le Bac sont de plus en plus nombreuses à vous accueillir. On n’en dénombre pas moins de 60 en France proposant ce type de cursus. Laurent Hua, Directeur de l’ECE Paris dont le diplôme est positionné 8e au Classement SMBG des Meilleures Ecoles d’Ingénieurs Généralistes Post-Bac, constate « que de plus en plus de lycéens sont à l’aise dans le choix de leur école après le Bac. Les écoles d’ingénieurs ont longtemps fonctionné sur le mode traditionnel du recrutement des étudiants après 2 ans de classe préparatoire. Aujourd’hui, on constate que ce modèle est minoritaire car 60 % des élèves ingénieurs en France sont passés par d’autres chemins. »

Par le biais d’Admission Post-Bac, des concours indépendants, des concours passerelles après un BTS ou un DUT voire même après un passage à l’université, les moyens d’intégrer les grandes écoles ont effectivement considérablement évolué, multipliant l’origine des profils des ingénieurs de demain. D’où qu’ils viennent, les débouchés sont extrêmement nombreux et les écoles d'ingénieurs habilitées par la CTI délivrent des formations de très haut niveau, au sein de cursus professionnalisants et internationalisés.

Laurent Hua répond à nos questions sur le diplôme de l’ECE, et sur les écoles d’ingénieurs Post-Bac en général.

 

SMBG : Comment  se compose classiquement un parcours en école d’ingénieurs post-Bac ?

Laurent Hua : Le programme ingénieur post-Bac classique est composé de deux parties : 2 années de prépa intégrée puis 3 années de cycle ingénieur. La prépa intégrée possède certains avantages dont celui d’être adaptée aux programmes du cycle ingénieur qui lui succède. Alors que les classes maths sup et maths spé focalisent leurs enseignements sur les mathématiques et la physique, l'école d'ingénieurs post-Bac a la possibilité d'équilibrer son programme en intégrant, dès le début de la formation, différents aspects techniques et pratiques de nature à renforcer l'intérêt et la motivation des étudiants.

On note également qu'un certain esprit de compétition et d'individualisme, parfois caractéristique de la prépa classique, n'a pas cours en prépa intégrée. Nous sommes davantage dans une « ambiance école » même s’il faut tout de même faire preuve de ses qualités. L’environnement, les associations font que les étudiants sont sensibles au cadre de vie de ce qui devient rapidement "leur" école...

SMBG : Qu’en est-il spécifiquement de la prépa intégrée proposée par l’ECE Paris ?

Laurent Hua : Durant les deux années de prépa intégrée, les étudiants de l’ECE suivent un mélange équilibré de cours de sciences et technologies, d’informatique et d’électronique. Les domaines étudiés sont plus ouverts et abordés de manière plus concrète.

La prépa intégrée propose à partir de la deuxième année deux voies de spécialisation. L’une est la « voie High-Tech », intégrant plus de technologie (informatique, électronique…). L’autre est une « voie généraliste » couvrant plus largement les domaines des sciences. Ceci permet une meilleure adaptation au profil de chacun. Quelle que soit la voie choisie, tous les choix ultérieurs du cycle ingénieur restent ouverts aux élèves.

 

SMBG : Comment se déroule le cycle ingénieur ensuite ?

A la sortie de la prépa intégrée, les étudiants se dirigent vers la première année du cycle ingénieur, qui durera 3 ans. La première année est commune à tous. Elle est l'occasion d'une première expérience internationale, sur un campus partenaire de l'ECE à l'étranger. Quatre destinations sont possibles : le Canada, le Danemark et la Malaisie.

En fin de première année du cycle ingénieur, les étudiants choisissent leur majeure qui se déroulera tout au long des deux dernières années, constituant ainsi leur spécialisation de sortie. Parmi les sept majeures proposées, trois sont historiques : Systèmes d'Information, Systèmes Embarqués, Télécommunications & Réseaux. Quatre autres, plus récentes, concernent des secteurs stratégiques de l'activité économique : Energie & Environnement, Santé et Technologie, Transports & Mobilité, Ingénierie Financière.

Les enseignements technologiques restent très présents au sein des différentes spécialisations. Les « majeures » visent à aider l’étudiant à se repérer dans un domaine précis et à y appliquer ses savoirs. Ils sont conscients, et ravis, de savoir qu’ils cumulent ces différents aspects pour devenir un jour des acteurs de l’innovation, des producteurs de solutions utiles à la société.

Si l’on prend l’exemple de l’énergie. Nos étudiants sont souvent passionnés par le cas des bâtiments intelligents. En maîtriser la consommation (chauffage, climatisation…) est aujourd’hui un enjeu sociétal majeur. Rappelons que la consommation d’énergies des bâtiments représentent 40 % dde la dépense totale.

Concernant le secteur de la santé, les élèves comprennent bien qu'ils pourront proposer des solutions nouvelles dans l'organisation du système de soins, grâce à la maîtrise de technologies aussi variées que l'imagerie, la robotique, les micro-capteurs et les microsystèmes biomédicaux.

Ces majeures visent à cibler de véritables débouchés, clairement identifiables et utiles. La dimension humaine de ces dernières est particulièrement appréciée des jeunes.

 

SMBG : Quels sont les profils privilégiés pour intégrer votre formation ?

Laurent Hua : 95 % des élèves ingénieurs de l’ECE sont des bacheliers scientifiques. Nous avons, cependant, ouvert 15 places pour des lycéens issus de la filière STI2D dans le cadre du cycle préparatoire.

Notre recrutement est assez équilibré. Concernant le cycle ingénieur, il est possible de le rejoindre après l’obtention d’un Bac +2. Nous avons admis cette année 220 étudiants en post-Bac et 223 en post-Bac +2 par an. Parmi ces derniers, 160 sont issus des classes préparatoires extérieures.

Nous avons ouvert il y a 4 ans une filière dispensée en apprentissage. Elle est ouverte à partir de la 3e année du diplôme, c’est-à-dire la première année du cycle ingénieur. Les étudiants issus de BTS ne peuvent intégrer le diplôme que par la voie de l’apprentissage. S'ils bénéficient déjà de premières expériences professionnelles liées à la nature de leur cursus, ils ont cependant besoin de soutien en mathématiques et en physique. On constate qu’ils réussissent particulièrement bien par cette voie. Nous sommes très satisfaits d’avoir accueilli avec succès ce nouveau public !

 

SMBG : Quels sont les principaux atouts du diplôme d’ingénieur de l’ECE ?

Laurent Hua : Comme évoqué précédemment, l’une des forces principales du programme réside dans son ouverture et sa diversité par le biais des « majeures ».

Autre atout du diplôme de l’ECE, son aspect international. 100 % des étudiants bénéficient d’une expérience à l’étranger durant leur cursus. S’ils ont effectué la formation complète en 5 ans, ils auront réalisé deux expériences internationales.

Enfin, la position géographique de l’école est également un avantage certain. Située au cœur de Paris, l’ECE bénéficie d’une proximité profitable avec les entreprises et les laboratoires de recherche. Chaque année, notre établissement reçoit plus de 4000 offres de stages. Nos étudiants ont le choix, et surtout, peuvent s’orienter vers d’excellents stages, très valorisants tant par le prestige de l’entreprise d’accueil que dans les missions effectuées. Il faut rappeler que les offres d’emploi sont considérables dans nos domaines, et que les ingénieurs ne peinent absolument pas à s’insérer sur le marché du travail suite à l’obtention de leur diplôme.

 

SMBG : L’orthographe semble prendre une place très importante au sein de votre cursus ?

Laurent Hua : Oui, en effet, c’est primordial. Je tiens à souligner que le corps professoral de l’ECE est très engagé, très disponible pour les étudiants et notamment sur ces questions de qualité d’expression écrite et orale. Certains élèves arrivent à l’école avec certaines lacunes en écriture. Nous veillons systématiquement à les améliorer dans ce domaine en accordant une place très importante à la forme lors des rendus de travaux écrits. Nous n’hésitons pas à les reprendre quant à l’orthographe, la grammaire ou le vocabulaire employé. La dictée de l’ECE, où l’on invite tous les étudiants ingénieurs à participer, est assez emblématique de cette volonté.

 

SMBG : L’an dernier, le programme « Valorisation des projets étudiants » a été sélectionné dans le cadre des appels à projets IDEFI. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Laurent Hua : La VPE se traduit par un important dispositif d’accompagnement des projets que les étudiants réalisent en équipes de 5 personnes.

Désormais, les projets réalisés par les étudiants ne sont plus de simples exercices pédagogiques, mais doivent sortir de l'école et apporter une contribution à la société. Cela peut être une publication scientifique, le dépôt d’un brevet, la création d’une start-up ou encore la participation à un concours national et/ou international. Le travail effectué trouve une valeur académique dans l’évaluation qui en est faite, certes, mais trouve également une valeur dans la communauté économique et industrielle. On ne saurait détacher du métier d’ingénieur sa dimension humaine de ce dernier, et nous tenons tout particulièrement à ce que cela soit intégré dans la formation.

Le projet est original au sens où il rompt avec certaines habitudes. En temps normal, ce sont les entreprises et les laboratoires qui décident du champ d’intervention des jeunes ingénieurs. Là, c’est à eux de trouver la structure qui encadrera leur projet, issu de leur propre initiative.