La formation pour devenir sage-femme attire de moins en moins d’étudiants

Publication le 03/11/2022 | MAJ le 12/12/2022
La formation pour devenir sage-femme attire de moins en moins d’étudiants

À la rentrée 2022, le nombre d’étudiants inscrits au métier de sage-femme a baissé. Qu’est ce qui a entraîné cette perte d’attractivité pour cette branche ? L’affluence des activités dans le secteur de la santé lors des crises sanitaires n’a pas arrangé la situation. Plusieurs professionnels déplorent ainsi les conditions de travail.

Selon les statistiques d’admission de 2022, l’effectif des étudiants de la filière sage-femme a fortement chuté. Pour cette rentrée, 196 places sont restés vacantes. Plusieurs réformes pourraient en être la cause.

Des réformes ont été programmées dans la filière des études de santé. Elles concernent non seulement les révisions du nombre de candidats admis, mais aussi les parcours et les modalités d’accès. D’après l’association nationale des étudiants sages-femmes, toutes ces modifications peuvent constituer des freins auprès des aspirants en étude maïeutique.

Les membres de l’ANESF évoquent également la surcharge de travail. Ces conditions professionnelles affecteraient la motivation des candidats pour ce métier.

Des réformes ont semblé décourager les étudiants sages-femmes

Avant 2020, les étudiants intégraient la deuxième année après un concours en première année commune aux études de santé (PACES). Cette épreuve se déroulait à l’issue d’une année en tronc commun avec les autres formations médicales. Toutes les nouvelles recrues doivent passer cet examen, y compris ceux qui ultérieurement opteront pour la licence santé sociale.

À partir de 2020, la réforme impose une année post-bac comme première étape des études. Ce parcours spécifique accès santé (PASS) devrait donc être validé avec une moyenne générale d’au moins 10/20.

Le premier cycle de formation a également fait l’objet de modification. En plus de ce nouveau système de PASS ex-PACES, de nouvelles options de licence ont été programmées. Aussi, avec plusieurs L.AS ouvertes, l’intégration en seconde année d’études de sage-femme serait sujette à beaucoup de difficultés.

Sur le plan académique, les écoles de maïeutique seront amenées à intégrer la chaire universitaire. Ce changement reste motivé par deux raisons :

  • Pour les enseignants : le développement de la recherche au sein d’un statut hospitalo-universitaire ;
  • Pour l’établissement : l’accès au soutien financier réservé aux facultés tel qu’en bénéficient déjà les écoles de médecine.

Des places restent vacantes malgré la hausse de la capacité d’accueil

Le gouvernement a prévu pour la promotion 2022 une augmentation du nombre d’élèves autorisés à poursuivre des études en maïeutique. Comparée à l’année 2020, cette capacité d’accueil a été revue à la hausse avec + 1,5 % d’apprenants supplémentaires. Après la crise sanitaire du Covid-19, l’objectif vise à multiplier l’effectif des professionnels de santé en exercice.

Pourtant, les étudiants semblent de moins en moins attirés par cette profession. En effet, si 1 068 places ont été réservées pour ces élèves sages-femmes, il en reste 196 non pourvues. Ce qui laisse 20 % de sièges vacants parmi ceux prévus pour la rentrée 2022-2023. Tous les ans, les élèves sages-femmes sont moins nombreux que leurs pairs dans le domaine de la santé. Ces dernières statistiques ne font que confirmer cette situation déjà alarmante.

Face à cette fuite des étudiants, la mise en place d’une sixième année pour la filière sage-femme reste un projet à questionnement. Aussi, l’instauration de cette période supplémentaire de formation, censée démarrer dès 2022, sera reportée.